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23 avril 2007

Sarkozy, l'imposture de la rupture.

medium_2217225666.jpg J'ai un sentiment bizarre, une espèce d'incrédulité devant le score de Nicolas Sarkozy hier soir. Je ne comprends pas comment toute une partie de la population française a pu se laisser abuser par un homme qui manie populisme, revirements de position (comme Jacques CHIRAC il y a quelques années). Les Français ont mis au coeur de leurs priorités l'emploi. Ils ont pourtant porté en tête du 1er tour de l'élection présidentielle, un homme qui incarne le libéralisme économique sauvage du modèle américain, la régression sociale et le recul des libertés citoyennes.

 Il est paradoxal de constater que les Français se sont massivement exprimés, faisant vivre une démocratie que l'on croyait moribonde, mais en plaçant en tête un homme qui revendique un amenuisement des libertés d'expression, de circulation...

 Nicolas SARKOZY prétend incarner la rupture. Or, il a été membre des différents gouvernements sous le quinquennat de Jacques CHIRAC. Il a surtout ravi aux chiraquiens le parti le plus puissant que la France n'ait jamais connu. Pendant 5 ans, il avait à ce titre, fort d'une majorité parlementaire écrasante, les moyens d'imposer à un chef de l'Etat si mal élu, une autre politique. Il avait les moyens, si la situation de la France est telle qu'il la décrit, d'agir en forçant le chef de l'Etat à le nommer Premier Ministre. Rien de cela ne fut pourtant...

C'est donc que Nicolas SARKOZY a laissé la situation se détériorer sciemment, avec en seule ligne de mire la conquête de la magistrature suprême. Il porte une responsabilité encore plus lourde alors, dans le bilan de Jacques CHIRAC. Il a laissé faire, pire il a cautionné une politique qu'il dénonce aujourd'hui.

Et il ne peut s'appuyer sur son légitimisme pour excuser cette perte de temps.

Par ailleurs, on ne peut rester insensible aux thématiques qu'il a développées pendant sa campagne. Il restera l'homme qui a mis à bas le mur que Jacques CHIRAC avait érigé entre la droite et le Front national. Il restera l'homme qui a cassé ce rempart dans notre système démocratique.

La rupture, si elle est de cette nature, est d'autant plus inquiétante, repoussante.

Il reste quelques jours pour repousser cette droite qui reprend Jaurès alors qu'elle ne fait que faire revivre Maurras et Barrès!

14:40 Publié dans Saisons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note