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29 mai 2007
La curieuse politique européenne de M SARKOZY
A peine élu, Nicolas SARKOZY a annoncé le retour de la France en Europe. C'est une ambition que tout un chacun peut partager.
Pour autant, cette annonce est contrecarrée par les actes. En effet, une des niches d'emplois que le nouveau Président souhaiterait écrémer dans la fonction publique correspond au seul corps européen de l'Etat : les Douanes.
Il paraît contradictoire de vouloir d'un côté affirmer la présence française dans l'UE et de l'autre supprimer un des moyens d'action de l'Etat français au profit de l'Europe en divisant par deux le nombre des fonctionnaires des Douanes.
Rappelons, simplement pour étayer notre propos que 80% des missions des douanes aujourd'hui sont au profit de l'Europe. Pour mémoire, citons le recouvrement des droits de douane sur les produits importés des pays tiers à l'UE, la lutte contre l'immigration clandestine dans l'espace Schengen, la lutte contre les fraudes au budget communautaire, elle participe au recouvrement de la TVA dans les échanges intracommunautaires, elle participe au bon fonctionnement du marché unique européen en faisant respecter les règles des politiques commerciale et agricole communautaires, elle protège l'économie contre les contrefaçons ou le dumping, elle surveille les mouvements des déchets nuisibles dans le cadre de l'UE, elle surveille la circulation des produits stratégiques civils ou militaires et notamment radioactifs, elle lutte contre toutes sortes de trafics...
Elle participe enfin à des coopérations internationales notamment dans le cadre européens...
Alors est-ce un bon brevet européen que de supprimer les emplois d'un corps qui constitue un des bras armés de la France et de l'Europe dans le cadre de la compétition économique et sociale que livrent certains Etats aujourd'hui?
Au contraire, il y aurait matière à renforcer ces missions, pour rendre notre économie plus efficace, moins en proie à la contrefaçon, au dumping. Il y a aussi matière à intégrer les Douanes dans une véritable politique européenne de protection des côtes multidirectionnelles : protection de la biodiversité, de la ressource piscicole (en lien avec les Affaires maritimes), protection des côtes contre la pollution, un volet immigration clandestine, un volet grands trafics internationaux par voie maritime...
On aurait pu en faire un corps d'avenir, au service d'un pays qui se veut économiquement compétitif et à haute qualité environnementale et sociale.
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21 mai 2007
Résistance !
La gauche croyait avoir connu le pire avec le 21 avril 2002. C'était sans compter sur les capacités de Nicolas SARKOZY à la mettre KO, à la régulière.
Même si on ne partage pas le fond du programme de Nicolas SARKOZY, ses premiers pas sont marqués par une adresse remarquable. Son ouverture, même si elle présente un caractère de dégoût pour les militants de gauche, est la marque d'un bon barreur. Après avoir tué le FN au premier tour de la présidentielle, le Président est en train de frapper les fondations de la gauche pour réduire l'opposition socialiste au strict minimum dans la prochaine législature.
Il est en passe de réussir.
Tout ceci peut nous mécontenter, nous faire peur. Et après?
Pour autant, on ne peut lui enlever sa méthode froide, calculée, instinctive et logique pour conquérir le pouvoir. En relisant les mois passés, on ne peut prétendre, comme le font certains caciques du PS que la présidentielle offrait un boulevard pour la gauche.
Ce que nous n'avons aps su percevoir, c'est la détermination de l'adversaire, sa capacité à mener à bien une bataille culturelle préalable à la prise du pouvoir, à transformer la politique.
En peu de temps, il a fait exploser un paysage politique figé depuis 25 ans en forçant la donne, en rebattant la distribution des rôles entre les partis. Un furieux combat pour la survie est lancé.
Dans cette lutte, le PS s'est mal armé. Face à une machine de guerre, conçue comme un parti de soutien au futur président sur le mode américain, la seule chance du PS est de constituer un fort pôle de gauche aussi ouvert sur sa gauche et sa droite que ne l'est l'UMP.
Il faut reconstituer un bloc pour résister à la puissance du choc. Pas question de s'atermoyer entre social démocratie ou pas. La question n'est pas là.
La problématique qui est la nôtre aujourd'hui est de constituer un parti de gauche suffisamment largement assis, taillé dans le granit, pour,dans un premier temps,résister à Nicolas SARKOZY et sa politique et construire, dans un deuxième temps, la bataille culturelle nécessaire à la refondation de la gauche, son rennouveau programmatique nécessaires à la conquête du pouvoir.
Là encore, pas de méprise, il ne s'agit pas d'une conquête du pouvoir pour le pouvoir. Il s'agira auparavant de définir et de dire ce que nous voulons en faire et comment nous comptons le partager et le mettre au service de la France, de l'Europe et surtout des Français.
Le PS doit faire cette mutation et surtout ne pas se refermer sur lui-même, prisonnier de combats stériles en son sein, comme ce fut le cas depuis 2002.
La question du leadership se posera. Oui. Elle est même nécessaire dans un système politique incarnatif comme l'est la 5ème République.
L'urgence est de créer les conditions de ce renouveau, ouvert sur les autres formations, sur les Français, sur les associations... La logique seule des congrès ne pourra rien résoudre. Il faut oser ce brassage que la droite a fait, décomplexée.
11:45 Publié dans Saisons | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
14 mai 2007
Bouger les lignes!
Enfin les lignes sont bousculées au PS! Le discours tenu ce week-end par Ségolène ROYAL lors du conseil national du PS me va plutôt bien. Enfin nous posons sur la table le fait que notre mode de fonctionnement est incompatible avec la prise de pouvoir de la présidence de la République.
Entre 2002 et 2005, nous avons perdu trop de temps à palabrer, à faire des congrès pour rien. La recherche de l'unanimisme par le Premier secrétaire et le goût du compromis des sociaux-démocrates notamment, pour préserver la suite nous ont été fatals.
Je regrette néanmoins que Ségolène ROYAL n'aille pas au bout de la logique socialiste en revendiquant un régime primo ministériel, où le jeu collectif est plus respecté, où le Parlement a toute sa place dans la discussion (Assemblée élue au scrutin uninominal et Sénat à la proportionnelle). Cette révolution reste à faire. Par nature, je n'aime pas lorsque le pouvoir est trop concentré, trop personnalisé.
Je salue son choix de ne pas se présenter aux législatives au nom de la cohérence avec son programme.
Si nous ne faisons pas cette mutation et n'acceptons pas le fait qu'une leader a émergé de cette campagne, nous allons dans le mur, même si Ségolène a des défauts, comme tout un chacun.
Il n'est plus temps des congrès de préservation des intérêts particuliers.
Il est temps d'avancer, vite. Aujourd'hui, je ne vois personne d'autre au sein du PS capable de maintenir son unité en préservant l'articulation entre social démocratie et gauche marxisante et altermondialiste. Aux uns, elle a pris l'essentiel des propositions, aux autres la méthode.
12:43 Publié dans Saisons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Humilité...
Nous sommes rentrés dans une auatre ère de la politique: la politique spectacle, à grands renforts d'images, d'argent, de moyens, de gyrophares... C'est une ère à l'américaine qui s'ouvre avec un candidat proche du peuple et un président, incarnation du pouvoir, si loin des citoyens, si détaché de la chose réelle.
Est-ce bien là le fondement de ce qui fait vivre un peuple ensemble, de ce qui fait avancer une nation?
Comment faire alors pour continuer à faire espérer les Français qui se sont déplacés en masse pour glisser leur bulletin dans les urnes? Comment faire vivre la démocratie au-delà de la simple date de l'élection?
Toute la problématique est là. Dans notre système représentatif, dès que l'élection a eu lieu, le pouvoir est confisqué au peuple qui doit circuler et attendre l'élection suivante pour s'exprimer. D'où la tentation du vote sanction contre le vote projet.
A nous d'inventer aujourd'hui la démocratie de demain, qui permette, dans une société où les médias seront plus que jamais verrouillés, avant même l'expression du vote, de débattre. C'est là l'essence même de la démocratie, le débat pour éclairer le choix.
Pendant cinq ans, il va falloir construire les espaces de cette expression démocratique, libre, spontanée et permettre aux Français de continuer à s'exprimer entre les deux élections.
Vos idées sont les bienvenues...
09:25 Publié dans Saisons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10 mai 2007
Une refondation inéluctable...
Le parti auquel j'appartiens a oublié quelques fondamentaux depuis plusieurs années. Depuis 2002, il vit dans une espèce de léthargie, tourné vers lui-même, à palabrer, à s'écharper, à se rabibocher dans des pseudos motions de synthèse où certains ont perdu leur âme et leurs idées... Tout ça pour quoi? pour rester proche du pouvoir, du Premier secrétaire et ne pas compromettre une chance d'être investis aux Présidentielles...
On voit le résultat. Ceux-là même qui se sont cachés derrière François HOLLANDE n'ont pas été désignés, ont passé leur temps à jouer contre leur camp pendant la campagne des présidentielles, allant même jusqu'à pronostiquer l'éviction de la candidate au 1er tour pour mieux être les sauveurs ultérieurs...
Depuis 2002, ce parti s'est replié dans ses procédures, ses congrès, ses motions, sans tirer de véritable analyse de la société, de la défaite d'avril 2002. 5 années ont été perdues, pendant lesquelles une vraie stratégie de conquête du pouvoir aurait pu être élaborée et faisant émerger un véritable leader. Cette peur de l'émergence d'un leader a permis à Ségolène ROYAL d'occuper le vide. Et a elle a eu raison.
Il faut souhaiter une véritable refondation du Parti socialiste, laissant moins de place aux motions, aux exégèses, aux tractations de courants, mais ouvert sur la société, aux citoyens. Le PS doit être un outil au service du peuple français, de l'Europe et des classes populaires pour inventer le nouveau progrès social.
Il faut semer dès aujourd'hui pour préparer les récoltes de demain.
Il faut cesser ces synthèses molles.
De l'organisation de notre République découle aussi des choix simples. L'élection au suffrage universel direct du Président de la République me semble incompatible avec le socialisme, porteur de collectif, d'universalisme... Alors, soit on prend le risque de changer cette donnée, qui évitera peut-être un jour l'émergence d'un dictateur, parce que le pouvoir collectif est plus raisonné que le pouvoir personnel. Soit on reconnaît cette utilité et avant même de faire émerger un projet socialiste issu de la synthèse entre les courants et les motions, on fait émerger un leader chargé de porter ce projet, de le construire, de le confronter à la société. Nécessairement celui-ci sera orienté.
L'erreur fondamentale du PS est d'avoir cru que son projet pouvait être porté par n'importe quel candidat. Or les options sont différentes. Faire ce choix clair permet d'éviter la confusion par la suite et de se confronter à une droite qui a compris comment fonctionne le système et l'utilise très bien.
Le PS, replié sur lui-même, n'était pas prêt à jouer ce combat, pourtant gagnable. En témoigne le silence pendant des mois pour ramener Nicolas SARKOZY au rang de sortant.
Pour ma part, je préfère un choix clair pour un régime primoministériel, à la manière de la plupart des démocraties européennes, avec un Premier ministre soutenu par une majorité de projet.
Je souhaite que le PS aille enfin au bout des choses et qu'il se transforme enfin en outil pour les Français...
09:30 Publié dans Saisons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07 mai 2007
Appel aux dirigeants socialistes!
Chers camarades,
vous avez donné un bien triste spectacle hier soir en commençant à tailler en écharpe Ségolène ROYAL. Avant de mettre en cause ses faiblesses, interrogez-vous sur vos responsabilités dans cette défaite.
D'abord, il faut regarder le candidat opposé à Ségolène ROYAL. Nicolas SARKOZY a mis en place une machine de guerre depuis cinq ans pour gagner cette élection. Pendant les cinq années qui se sont écoulées, au lieu de contrer cette machine où la richesse n'avait d'égal que son président, le PS s'est replié sur lui même, sur la place qu'il devait ou ne devait pas conserver pour Lionel JOSPIN, il est tombé dans le panneau du double referendum sur l'Europe (interne et externe). Il est surtout resté en proie à ses vieux démons, ces courants qui se comptent, se trahissent, espèrent, manoeuvrent, dealent entre eux pour mieux promouvoir leur poulain. Le résultat c'est qu'aucune stature n'a émergé des deux synthèses de Dijon et du Mans. Pire, certains commen Dominique STRAUSS-KAHN ont accepté de vivre cachés pour ne pas se compter et ne pas assumer leur option social démocrate. Ségolène ROYAL a eu raison d'ouvrir les portes et les fenêtres d'une maison qui manquait d'air.
Mais, elle a manqué du soutien infaillible de son parti, dont les ténors ont louvoyé pendant la campagne entre "elle est trop à droite" et "il faut faire alliance dès le premier tour avec BAYROU".
Elle a eu raison d'ouvrir le débat et de rendre la parole aux Français. La participation pour ce deuxième tour en témoigne y compris à son égard.
Elle a eu raison d'être la première femme à oser briguer la mandature suprême plus de soixante ans après le droit de vote accordé aux femmes.
Elle a compris également ce besoin paradoxal de mouvement et de sécurité réclamé par les Français.
Il faut le lui rendre.
Alors, quand j'entends et je vois les huiles de mon parti sortir leurs couteaux, dès le soir de la victoire de la droite (qu'un certain nombre d'entre eux appelaient de leurs voeux), il me vient quelques larmes. D'abord, pour ces jeunes de banlieues difficiles, qui vont vivre la revanche des petits propriétaires de pavillons contre les jeunes des cités...
Ce parti auquel j'appartiens est beau, lorsqu'il s'ouvre, qu'il porte en lui la conquête de la justice, de l'égalité, du progrès social, économique et écologique. Il ne l'est pas lorsque les cliques s'arment pour régler des comptes.
Alors de tous mes voeux, j'appelle ce matin une rénovation profonde qui balaiera ces pratiques archaïques de courants et de cliques qui s'affrontent pour la maîtrise de l'appareil, qui renouvellera aussi les hommes porteurs de ses pratiques. Ce parti doit s'ouvrir, se préparer dès maintenant à l'élection de 2012.
Pour cela il doit admettre que ce régime avec un Président élu au suffrage universel n'est pas fait pour nous. Nous sommes par essence porteurs d'un projet collectif. Il est plus facile et l'exemple de nos voisins européens le montre, de porter un projet socialiste dans un régime primo-ministériel que dans un régime présidentiel. La conquête du pouvoir par un seul homme est incompatible avec notre idéal de partage, de démocratie et avec l'universalisme que porte en lui le socialisme. Tirons-en les conséquences sans tabou et en laissant sur place les égos des cadors.
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03 mai 2007
Après l'espoir, le doute, après le doute, la rancoeur
Si le candidat de la droite venait à ganger les élections présidentielles dimanche soir, sa période de grâce ne saurait durer.
Les électeurs des milieux populaires qui s'apprêtent à choisir le candidat de la droite, se feront avoir comme ceux qui ont cru en 1995 que Jacques CHIRAC allait résoudre la fracture sociale. Au bout de 12 ans, au lieu de se rétrécir, celle-ci s'est accrue.
Qui peut encore croire, dans les milieux ouvriers notamment, que Nicolas SARKOZY va permettre aux salariés de gagner plus en travaillant plus? Quelle déception, puis quelle hargne seront celles des ouvriers qui auront voté pour le candidat de la droite dure et s'apercevront que cette promesse n'était pas pour eux? Pourquoi? Parce que la promesse de gagner plus n'empêchera pas la compétitivité déloyale de certains pays de l'ex Europe de l'Est ou de l'Asie. Parce que dès lors que leur outil de travail sera délocalisé en Pologne ou en Chine, les chimères s'évanouiront pour laisser place à la rancoeur, à la révolte. Il ne restera que la violence pour ceux qui se seront vus voler leur vote.
Comme la fracture sociale, cette promesse électorale restera vaine. Elle décrédibilisera un peu plus la politique.
Cet électorat populaire n'a rien à attendre de la droite, n'a rien à gagner avec elle.
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