06 novembre 2007
Les socialistes et l'Europe
Le PS a tranché ce soir en bureau national. Il votera pour le mini traité européen. Et il remettra à plus tard la question du référendum. A quand? quand les élections municipales seront passées...
Une fois de plus la vision de ce parti ne dépasse pas l'horizon des 4 mois. Une fois de plus, il n'y aura pas de construction d'une politique européenne de gauche.
François HOLLANDE souhaitait "qu'il y ait une position pour que soit connue la position des socialistes"... Sans doute est-ce là le signe d'un des derniers souffles d'un premier secrétaire agonisant, sans pouvoir, sans ligne politique claire, sans volonté et sans vision pour l'avenir.
A quand le choix de la ligne politique par SMS?
C'est tout sauf de la politique, c'est tout sauf une opposition.
Je comprends la position de Benoît HAMON qui a ce soir démissionné de son mandat de secrétaire national, à cause de la cacophonie ambiante...
Ceux qui disaient il y a deux ans qu'il n'y avait pas de plan B en sont pour leurs frais aujourd'hui...
Maintenant, c'est tout le PS qui sera derrière SARKOZY...
Communiqué de Benoît HAMON:Démission du Secrétariat National à l’Europe.
Paris, le 06 Novembre 2007
Le Parti Socialiste a décidé à la majorité des voix du bureau national d’approuver le traité simplifié proposé à la ratification du parlement par Nicolas Sarkozy.
Il y a bientôt 2 ans, le Parti Socialiste, conscient de l’importance de se rassembler pour battre la droite, faisait le choix, à l’occasion de son congrès, d’opérer une synthèse entre ses principales sensibilités. Cette synthèse, quelques mois après le référendum sur le traité constitutionnel qui avait vu, malgré la campagne du PS en faveur du oui, une majorité de Français refuser ce texte, proposait notamment de dépasser le clivage entre les partisans du Oui et les partisans du Non. La synthèse avait vocation à rappeler que si les socialistes s’étaient opposés sur la stratégie, ils étaient rassemblés sur le projet européen.
Aujourd’hui le Parti Socialiste s’est une nouvelle fois divisé en deux blocs sur l’appréciation du contenu du texte. Il est même divisé sur l’opportunité de soumettre le texte à référendum alors qu’il avait fait de ce principe une « obligation démocratique » lors de la campagne présidentielle et que ce principe est soutenu par une large majorité des français.
Invitée à commencer la rénovation du PS en disant oui au mini traité, une majorité du bureau national a choisi d’approuver un texte qu’elle a été presque unanime à juger médiocre 15 jours auparavant. Simultanément, les argumentaires lapidaires refont surface pour sommer les socialistes de ne pas rater ce nouveau rendez-vous de l’Histoire.
Pourtant, il existait un moyen de dire notre insatisfaction sur le fond, de rester solidaire avec les socio-démocrates européens et cohérents avec nos engagements de campagne en appelant à un référendum afin de ne pas se substituer à la souveraineté populaire. Il existait un moyen de rassembler les socialistes. Cette position était évoquée par les représentants de toutes les sensibilités du PS dans le groupe de travail sur le Traité Simplifié que le Bureau national m’a demandé d’animer depuis l’été. Cette position, identique à celle adoptée par les socialistes lors du référendum européen de 1972 sur la proposition de François Mitterrand était, au nom de la cohérence et de l’unité de la gauche : l’abstention ou la non participation au vote.
Une autre voie a été choisie. Je m’y plie. Elle porte pourtant en elle le ferment de la division. Secrétaire national en charge du projet européen, nommé pour permettre le dépassement du clivage entre le oui et le non, je déplore notre échec. Je remets donc aujourd’hui ma démission du secrétariat national à François Hollande
22:51 Publié dans Saisons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Parti socialiste, Benoît HAMON, François HOLLANDE, politique, jardin politique, gauche, europe
Construire l'avenir du PS et de la gauche.
Quelques mois que j'attendais ce moment. Un texte a circulé annonçant la création d'un "think tank", "La Forge" sous l'égide de Benoît HAMON, député européen.
Sa vocation est de réarmer idéologiquement le PS pour construire la gauche de demain. Une gauche de gauche qui s'assume face à une droite décomplexée et qui est parée idéologiquement à un affrontement politique revigorant le clivage gauche-droite.
Ce sera chose faite samedi prochain. Cette structure va prendre son envol, ou plutôt le bruit du métal va cliqueter.
C'est ce que j'attendais pour sortir le PS de sa molle torpeur, de ses atermoiments. Enfin un espace où le nous prime sur le je. Enfin un espace où des socialistes vont penser plus loin que l'échéance électorale d'après (soit 4 mois aujourd'hui!).
Pour plus de détails, consultez l'article du blog de Régis JUANICO.
Il y a quelque chose de très prometteur, rien que dans le nom choisi, celui d'une intense activité, de la transformation de la matière brute en matière polie, un rappel au mouvemnt ouvriériste et un clin d'oeil aux start-up...
Je me retrouve pleinement dans ses propos de Benoît tirés de France soir : "La droite l'a emporté cette année, parce qu'elle avait préparé depuis longtemps la bataille culturelle. Je souhaite participer au réarmement politique et idéologique de la gauche avec le lancement de ce "think tank". Il rassemblera des hommes et des femmes de gauche qui, tels des forgerons, travailleront à la production d'idées. Il s'agira de faire du lobbying et reconstruire le clivage gauche-droite là où il est pertinent. Face à une droite décomplexée, nous nous devons être une gauche sérieusement et résolument de gauche."
12:58 Publié dans Jardin anglais | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Parti socialiste, gauche, politique, Benoît HAMON, La Forge, Puijalon
01 novembre 2007
La Forge
Benoît Hamon lance le 10 novembre prochain La Forge, un collectif de réflexion dont le but est de réarmer idéologiquement le PS.
Ancré à gauche, tourné vers l'avenir, ce collectif doit muscler notre mode de pensée. Vous vous en doutez, je me reconnais dans cette ligne politique. Vous continuerez à en entendre parler.
un avant goût:5d968d1229e69f243bce064979441cf6.pdf
23:15 Publié dans Jardin anglais | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, parti socialiste, Benoît HAMON, La Forge
24 octobre 2007
une ligne politique, urgence pour le PS
Il est urgent pour le PS d'établir une ligne politique claire et à gauche.
Les tentatives actuelles prônées par l'ex-candidate aux élections présidentielles de constituer un amas qui va des reliques du PCF au Modem en englobant les Verts, mais dont l'objectif premier est de marquer le PS au centre, sont une véritable calamité.
Considérer que l'on peut passer par pertes et profits le Parti socialiste et fonder un grand parti démocrate aux contours flous, sans ligne politique est une gageure.
Le socialisme n'est pas mort. Ses idéaux de progrès social, de justice, d'égalité n'ont jamais été aussi actuels qu'aujourd'hui alors que Sarkozy et ses amis massacrent notre modèle social et ouvrent la porte au capitalisme le plus sauvage et le plus violent qui soit.
Plus que jamais, nos idéaux sont vivants. Il manque seulement aujourd'hui des hommes et des femmes de conviction, qui n'hésitent pas entre des bobos et les classes populaires et moyennes.
Il manque au PS cette voix qui porte l'espoir, qui porte le progrès social comme ligne politique et qui ne renonce pas face à la violence du capitalisme financier. Seul ajourd'hui, Benoît HAMON fait entendre cette petite voix. Elle est encore trop faible. Elle doit enfler, se répandre.
La colère contre la misère, contre l'injustice, contre la violence faite aux pauvres et aux étrangers doit prendre la place de l'atonie, de l'attente stratégique. C'est notre devoir.
12:42 Publié dans Jardin anglais , Saisons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, gauche, benoît hamon, justice sociale, refondation, ségolène royal
28 juin 2007
refondation en marche...
Je vous fais partager cette intervention de mon camarade Benoît HAMON, lors du dernier conseil national du PS, dont je partage l'avis sur la droitisation que Sarkozy tente de nous imposer:
08 - Cn du 24 juin 2007 - Benoît Hamon
Benoît Hamon « Bonjour. Je n’avais pas tout à fait prévu de commencer de la manière dont je vais commencer. Comme beaucoup d’autres, je n’ai pas peur des militants, j’appartiens à la minorité de ce parti, au moins jusqu’au congrès du Mans. Et les orientations que j’ai défendues, je les ai défendues devant tous les militants, et au terme de leurs choix, j’ai été minoritaire lors de deux congrès. Je pense pourtant qu’aujourd’hui, une personne nous manque et qu’on ne peut pas se plaindre ou reprocher que le débat se déplace à l’extérieur du parti s’il relève désormais de l’exploit de mettre tous les dirigeants socialistes dans une même salle pour débattre.Je n’ai pas peur des militants et je suis d’accord avec François Rebsamen, le Parti doit continuer une campagne d’adhésion, il doit d’autant plus le faire que le processus qu’il ouvre et que nous soutiendrons à l’initiative du premier secrétaire est un processus qui doit être ambitieux, et qui pour qu’il le soit véritablement et qu’il soit utile, doit être en porosité avec le reste de la société et en particulier, les habitants, les citoyens de ce pays, et les hommes et les femmes qui voudraient nous rejoindre. Donc oui à une nouvelle campagne d’adhésion, une campagne d’adhésion en faveur de ce processus qui doit s’ouvrir à la gauche intellectuelle comme à la gauche sociale, comme à la gauche associative.
Pour autant, tout le monde nous parle maintenant de rénovation, je suis heureux, et on pourrait tranquillement ouvrir le grand robinet à eau tiède, laisser couler à flots, faire le grand numéro du grand baratin sur la rénovation et s’arrêter là, considérant que finalement, on pourrait s’accommoder d’un processus qui est un processus qui permettra, au bout du compte, de ne rien changer. Je lis comme vous la presse, on nous encourage tous les jours à une modernisation trop longtemps retardée, au fait que nous rompions avec le socialisme de jadis, que nous changions comme vient de le dire Gaétan Gorce de logiciel, mais moi, j’aimerais bien savoir de quoi on parle. J’aimerais bien savoir de quoi on parle quand aujourd’hui nous sommes caractérisés comme des archaïques. J’aimerais bien savoir de quoi on parle quand j’entends par ailleurs un Nobel d’économie, Joseph Stiglitz dénoncer la politique libérale de l’Union européenne et la caractériser comme archaïque par rapport à toutes les restrictions qui sont aujourd’hui posées au libre-échange en Amérique du Sud ou en Amérique du Nord. Ayons ce débat sur la modernité et l’archaïsme, ayons-le pleinement. Sachons aujourd’hui le prendre dans toutes ses dimensions et en tout cas refuser ce discours simpliste qui nous est répété à force d’éditoriaux selon lesquels les socialistes devraient rompre avec le tout état, comme si nous n’étions pas ceux qui avaient tiré le meilleur parti du marché justement en ayant les meilleurs résultats en termes de croissance sous le mandat de Lionel Jospin. Comme si nous n’étions pas ceux qui avaient organisé la décentralisation. Nous devrions aussi rompre avec cette culture de la dépense, quand jamais aujourd’hui les déficits n’ont été aussi élevés et que ces déficits publics ont d’abord été creusés, comme les déficits sociaux, par une droite qui prétend nous donner des leçons en matière de politique budgétaire. Nous devrions rompre avec cette redistribution irresponsable en laquelle nous croyons, quand nous constatons là encore chaque jour que la répartition capital/travail n’a jamais été aussi défavorable à celles et ceux qui vivent de leur travail. Voilà des terrains sur lesquels on nous demande de rompre, comme si pour que le PS soit moderne, il fallait qu’il devienne de droite. Et bien, mes chers camarades, de cette modernité, moi, je ne veux pas, pas davantage que celle qui prétend qu’aujourd’hui, il n’y aurait plus de conflit dans cette société, que les salariés n’auraient pas des intérêts contradictoires avec les actionnaires ; qu’en réalité, aujourd’hui, le principal conflit qui existerait serait entre une classe parasite, oisive, qui vivrait des mécanismes de solidarité irresponsables et ceux et celles qui se lèvent tôt pour aller travailler. Voilà le clivage que la droite veut installer dans la société, voilà celui qu’on nous demande, nous, de résoudre quand par ailleurs, nous constatons tous les jours que les revenus de la rente, ces revenus augmentent. En raison de quoi ? Du fait que la droite, elle, fait une politique de classe. Elle fait une politique de classe et le démontre et l’a démontré dès ses premiers pas en organisant 14 milliards de cadeaux fiscaux ; 14 milliards qui iront soulager les revenus des ménages les plus aisés, comme soulager les cotisations patronales pour que cela se répercute ensuite sous forme de TVA payée par tout le monde. Voilà ce sur quoi nous devons rentrer dans ce débat. Nous devrons dire aussi qui nous voulons représenter par priorité. Et le débat sur l’analyse de la défaite sera utile pour nous éclairer. Moi, je vous donne mes réflexions comme ça. Je pense que l’électorat Modem dont on a beaucoup parlé a montré que sans qu’il y ait d’accord politique, se reportait assez naturellement sur nos candidats, et que nous ne devons pas nous fixer sur une forme de rapport de force politique statique, nous devons réfléchir à qui nous a manqué pour justifier que nous ayons une nouvelle fois perdu l’élection présidentielle et l’élection législative. Qui nous a manqué ? Les personnes âgées qui à plus de 70 % votent à droite et pas de chances pour nous, chers camarades, elles seront de plus en plus nombreuses dans le temps. Donc nous devrons d’abord regarder ce que nous voulons dire à ces hommes et ces femmes-là. Nous devrons aussi regarder ces classes populaires, ouvrières, employées qui n’ont pas voté autant que nous l’aurions souhaité ou nous l’avons attendu pour nous. Pourquoi ? Parce qu’ils ne se sentent plus tout à fait, ou aussi bien, représentés par nous que nous les représentions avant. C’est vers cela que nous devons faire porter notre effort. Moi, je pense que fondamentalement aujourd’hui, notre responsabilité sera de nous ouvrir pour construire quoi ? Ce que Henri Weber a évoqué en quelques mots : « Ce grand parti de la gauche ». C’est cela que l’on entend aujourd’hui sur le terrain : d’être en capacité de dépasser nos identités respectives pour trouver ces solutions qui nous permettent justement d’être efficaces et utiles. De dépasser nos identités respectives avec les autres grands courants politiques historiques de la gauche comme avec la gauche intellectuelle et sociale. Il faudra d’abord être quoi ? Les interprètes d’une protestation. Car si Nicolas Sarkozy s’est empressé de vouloir liquider l’héritage de mai 68, c’est moins en raison de ce fameux relativisme culturel que portent bon nombre de ceux qui l’ont soutenu ou ont fait sa campagne, c’est en raison de ce qu’était l’esprit de subversion de mai 68. Et pourquoi veut-il liquider cet héritage-là ? C’est qu’il sait que sa politique va avoir des conséquences sur le corps social et que ces résistances, cette protestation va s’exprimer et qu’à ce titre, notre responsabilité sera d’abord d’être l’interprète politique de ses résistances et de ces protestations à travers un groupe qui soit un groupe homogène qui pratique une opposition décomplexée, puisque c’est un mot à la mode, et résolu à la droite. Alors, j’en terminerai par une dernière remarque. J’ai écouté attentivement Gaétan Gorce et je trouve qu’il est cohérent en démissionnant du secrétariat national. Je ne suis pas d’accord avec bon nombre des propositions qui sont les siennes aujourd’hui, mais je trouve que c’est cohérent et je voudrais le saluer ; il n’est pas de ceux qui vibrionnent à l’extérieur pour ensuite continuer à tranquillement s’asseoir au secrétariat national en étant en désaccord total avec les orientations qui y sont défendues. Donc, je salue cette cohérence. Mais je veux te dire, Gaétan, nous allons avoir un débat sérieux sur une question : le fameux changement de méthode qu’on appelle au Parti socialiste. Moi, je soutiens le processus ouvert par François Hollande. Je le soutiens parce que je pense qu’aujourd’hui, il est important de se remettre au travail. Mais si l’objectif est d’emballer les choses, de les emballer pour faire en sorte que nous nous reposions ou nous remettions en cause un des piliers qui fondent la synthèse politique au Parti socialiste, c’est-à-dire la proportionnelle, là, nous allons avoir un débat sérieux. Et je termine sur ce point : je n’ai pas combattu depuis quatre ans, et je remercie Arnaud Montebourg de m’avoir éclairé sur ces questions démocratiques-là, je n’ai pas combattu depuis quatre ans la présidentialisation de la Ve République, observé dans quels excès elle nous conduit aujourd’hui pour être de ceux qui iront achever la présidentialisation du Parti socialiste en substituant le scrutin majoritaire au scrutin proportionnel. Moi, je suis prêt à beaucoup de choses, à me mettre au travail, je crois qu’aujourd’hui c’est l’urgence et je nous invite tous à le faire avec générosité et ambition, comme le suggérait Alain Bergounioux. » Cn du 24 juin 2007
09:20 Publié dans Jardin anglais | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : refondation PS, Benoît HAMON, opposition


