30 octobre 2007

à pas comptés

582b499d4ab4e113e27595d33a1f2b26.jpgIl sera difficile pour nous de reconquérir le pouvoir. Une discussion très formatrice et intéressante avec un de mes camarades et ami sur ce sujet la semaine dernière ne cesse de me travailler.

Dans les notes les plus anciennes sur ce blog, j'avais indiqué mes convictions sur notre difficulté à nous plier à un régime présidentiel sous le mode populiste où s'établit un lien direct entre le peuple et le président. Par essence notre relation au pouvoir est collective. Le régime parlementaire primo ministériel sied mieux au socialisme.

Les deux seules fois sous la cinquième république où nous sommes arrivés au pouvoir avec François MITTERRAND et Lionel JOSEPIN ce ne serait qu'un accident de l'histoire.

Notre rôle dans les années qui viennent va consister à dépersonnaliser le pouvoir préssidentiel. Nous n'y serons pas aidés tant l'élection présidentielle est devenue le moteur de notre vie politique et tant celui qui occupe la fonction accapare l'espace médiatique contre toutes les règles de transparence, d'équité et de pluralisme.

Néanmoins, nous allons avancer, parce que la démocratie et la république sont encore nos biens collectifs les plus précieux.

01 octobre 2007

Démocratie

5288d659648e203439e9ba895622a49e.jpgDémocratie. Le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. Voilà une notion moderne. Voilà un vrai sujet de politique pour nous socialistes en ce début de 21ème siècle englué dans des guerres injustifiables, des actes terroristes absurdes et gratuits.

La France que Nicolas SARKOZY est en train de nous tailler à coup de karcher, je ne la reconnais pas. De longue date, dans notre identité, nous avons un côté clair, celui de la lutte pour l'universalité, pour la démocratie, le combat pour l'émancipation, la liberté, la pensée. Cette tradition développée par les philosophes des Lumières a pourtant son pendant, son côté d'ombre. Cette part d'ombre nous l'avons vécue sous Pétain, avec l'instauration de règles spécifiques pour les juifs, puis avec la collaboration institutionnelle qui a cautionné et aidé la Shoah. Cette part d'ombre, nous l'avons vécue dans les guerres de décolonisation où certains membres de nos troupes, qui avaient connu la Libération, se sont adonnés à la torture.

Aujourd'hui, l'Etat UMP est de nouveau entré dans cette part d'ombre. Il faut que nous en prenions conscience. Les lois proposées par Messieurs SARKOZY, FILLON et HORTEFEUX nous ramènent à ces démons. Lorsque les immigrés, même clandestins, sont ramenés à des quotas, lorsque l'ADN est là pour justifier de l'identité, lorsque des Maires UMP (à Digoin) commencent à interdire les cantines à des enfants de sans-papiers, alors nous ne sommes plus dans l'espace de la République et de la Démocratie. Nous ne sommes plus dans les valeurs communes qui font que nous pouvons nous retrouver derrière un vivre ensemble. Quand les voix commencent à se taire, alors il commence à être trop tard.

Nicolas SARKOZY ne fait pas que parler le langage du Front National pour séduire ses électeurs. Il pratique ses actes.

Le rapport au pouvoir de Monsieur SARKOZY est inquiétant. Il se cache derrière sa frénésie une part d'impérialisme contraire à toutes nos valeurs républicaines et démocratiques. SA personne passe avant l'institution sur le site internet de l'Elysée.

Cet homme est dangereux. Non seulement, il casse nos acquis sociaux, ce que nous pourrons toujours reconstruire dès lors que nous serons prêts, mais il sape les fondements même de notre démocratie: la liberté d'expression, la contradiction, le débat, le pluralisme.

 Il nous sera plus dur de nous reconstruire et de constituer une alternative crédible si nous le laissons faire les réformes institutionnelles créant un véritable régime présidentiel. Ce culte de la personnalité, ce culte de sa personne au détriment de la fonction sont dangereux pour nos institutions, pour la démocratie et pour nous-mêmes, citoyens.

Nous devons refuser la réforme visant à instaurer un régime présidentiel. C'est le meilleur contrepouvoir que l'on puisse créer dans le cadre de la République. Monsieur FILLON commence à le comprendre, lui qui commence à s'appuyer sur sa légitimité issue de l'élection du Parlement. Continuons dans cette voie du parlementarisme raisonné.

 

24 août 2007

Renforcer les droits du Parlement, chiche?

83f02a42d2a80368c1243eaf43521c33.jpgRenforcer les droits du Parlement pour rééquilibrer les pouvoirs entre Exécutif et Législatif, c'était bien là une promesse du nouveau Président de la République. Une superbe commission, dont la feuille de route donne déjà le point d'arrivée, a même été créée pour cette question.

Pourtant, Nicolas SARKOZY vient de nous donner un bel exemple de sa conception de l'ouverture et du rôle de Parlement en refusant de laisser auditionner sas femme par la Commission d'enquête parlementaire sur la libération des infirmières bulgares emprisonnées en Libye.

Aujourd'hui tout se traite à l'Elysée. Là où dans un fonctionnement optimum et normal de notre régime, le Ministre des Affaires étrangères aurait du jouer le rôle de médiateur, de messager, de négociateur, le Président a choisi d'envoyer comme émissaire personnel sa femme, flanquée du Secrétaire général de l'Elysée.

Au nom de la séparation des pouvoirs, il refuse qu'elle soit entendue par les représentants du peuple.

Alors, si tout est géré au niveau de l'Elysée, si les Ministres ne sont plus là que pour signer des décrets et défendre des textes devant le Parlement, ce dernier va rester sur sa faim pendant cinq ans. Tout sera du ressort de l'Elysée. Tout sera donc couvert par la séparation des pouvoirs.

Voici donc une conception du pouvoir et de son exercice, fort peu démocratique, fort peu moderne, fort peu ouverte. A quand le rétablissement de la lettre de cachet?