10 octobre 2007
Dedans et dehors?
La sortie de Fadela AMARA, secrétaire d'Etat d'ouverture sur l'instrumentalisation de l'immigration par le gouvernement et la droite, autour de la question des tetsts ADN, met bien en avant la fragilité de ces ministres d'ouverture.
Libres de parole et de tons, ils sont néanmoins prisonniers du contrat de gouvernement qu'ils ont passé avec celui qui les a nommés. Ils sont contraints à la solidarité totale avec le gouvernement. On ne peut être dedans et dehors, lorsque l'on est ministre.
C'est une vraie question d'éthique.
Oui, l'instauration des tests ADN contrevient à notre tradition républicaine et aux Droits de l'Homme qui y sont attachés. Oui, ils nous renvoient à nos heures les plus sombres, celles de Vichy, celles des guerres de décolonisation où des appelés recevaient l'ordre de remplir les registres d'état civil avant le décès des torturés. Il y a dans la manière de gérer la question de l'immigration un pas franchi du mauvais côté de notre histoire, du côté de nos mauvais instincts.
Alors après, il faut l'assumer. Ils font partie du gouvernement. Ils sont solidaires de ce gouvernement qui introduit le racisme comme manière de gouverner, qui fait de la génétique un outil de discrimination. On ne peut être dedans et dehors sur cette question-là. Cette manière de concevoir l'immigration n'est pas sortie du chapeau. Elle faisait partie du contrat de gouvernement. Elle a été déclamée sous toutes les tonalités, avec des accents proches du Front national, pendant toute la campagne des présidentielles. Elle faisait partie intégrante du projet de SARKOZY qui stigmatisait ces méchants immigrés qui venaient voler des prestations sociales aux bons français méritants par leur travail.
Alors, s'ils restent, ils cautionnent. il ne peut y avoir d'entre deux sur ces principes républicains. Ou on est dedans, ou on est dehors.
10:23 Publié dans Saisons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tests ADN, SARKOZY, Politique, gauche, droite, ouverture, immigration
08 octobre 2007
L'ouverture à gauche?
Dans l'édition du Figaro de ce jour, Jack LANG déclare : "Les gouvernements de coalition, comme il en existe beaucoup en Europe, ne me paraissent pas être une anomalie. Ce qui pose problème dans l'ouverture à la française, c'est qu'elle apparaît comme un acte unliatéral du chef de l'Etat et non comme le fruit d'un dialogue, et encore moins d'un accord, avec les autres forces politiques. Si Lionel Jospin ou Ségolène Royal avaient été élus, ils auraient sans doute, tout comme l'a fait François Mitterrand, appelé au gouvernement certaines personnalités non socialistes."
Jack LANG a raison sur un point, il ne peut y avoir méprise entre l'ouverture et la coalition. Pour qu'il y ait coalition, il aurait fallu des négociations entre partis. Il aurait fallu un accord entre formations politiques. Tel n'est pas le cas. Le Parti socialiste est bien dans l'opposition.
Dès lors, toute nommination d'un socialiste au gouvernement peut s'appeler ouverture, pâle cache-sexe pour le véritable terme : débauchage.
Je n'imagine pas le Parti Socialiste, de Jaurès, Blum, Mitterrand et Jospin, cautionner les tests ADN pour les demandes de regroupement familial. Je n'imagine pas le Parti socialiste entrer dans une coalition allant jusqu'à l'extrême droite, puisque le traitement de la question de l'immigration par Monsieur HORTEFEUX répond aux attentes de l'électorat du FN.
Il n'y a de confusion possible que dans la tête de quelques personnes en quête de légitimité pour leur ego, conscient que dans 5 ans, ce ne sera plus l'époque de leur printemps. Ce ne sont que des individualités qui se soumettent à une seule règle : la solidarité politique pleine et entière avec le Chef de l'Etat et le Gouvernement. Le Gouvernement est un organe collectif.
Je ne vois pas ce qu'un socialiste peut faire dans un gouvernement qui nous renvoie à nos heures les plus sombres sur la question des migrations, qui casse le pouvoir d'achat des Français, qui plombe la croissance, qui tue les marges de manoeuvre budgétaires au profit d'une caste.
Je ne peux m'empêcher de voir là la faillite de notre candidature à l'élection présidentielle dans le fait que la garde rapprochée de la candidate saute le pas, qu'elle accrédite qu'il n'y a plus de clivage entre droite et gauche. Si la réforme est nécessaire, il y a encore débat sur la nature de cette réforme. Pour nous socialistes, elle ne peut s'incarner dans la politique thatchérienne pratiquée par le Président.
12:51 Publié dans Saisons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, politique, parti socialiste, ouverture, rupture, gauche, droite
L'ouverture au niveau local?
L'ouverture pour les élections municipales. Voici le nouveau crédo de l'UMP. L'idée est fine. Elle va un peu plus asphyxier le Parti socialiste.
Les socialistes feraient bien d'en prendre de la graine. Déjà pour pratiquer l'ouverture en interne et arrêter le sectarisme entre les courants, les tendances, les majoritaires et les autres. Notre parti ne sait pas valoriser ses richesses internes aujourd'hui.
Ensuite, il devrait largement s'ouvrir sur la société civile. Pas besoin d'aller chercher à droite. La société civile regorge de talents qui ne demandent qu'à s'exprimer et à rejoindre une liste de gauche porteuse d'une offre politique crédible.
09:54 Publié dans balcon, grands espaces, Jardin anglais | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : SARKOZY, politique, socialiste, municipales, ouverture


