21 septembre 2007
Une vraie politique de marketing.
Si Nicolas SARKOZY a gagné la présidentielle, ce n'est pas un hasard. Il a mené une véritable campagne promotionnelle, à la manière d'une entreprise privée, allant chercher un à un le consommateur/client/électeur.
En face, notre mode de fonctionnement à la fois baroque, très autoritaire par moments, un peu soixante-huitard, mais surtout très désuni n'a pas fait le poids.
Nicolas SARKOZY a gagné parce qu'il a gagné la bataille culturelle pour imposer ses thématiques dans l'opinion française. Il avait un programme, néo-conservateur. Il a su créer les conditions de son acceptation par les Français.
En effet, il a d'abord ciblé les parts de marché minimum qui ne lui rapporteraient rien : les sans-papiers, les chômeurs dont le nombre, selon les statistiques officielles a considérablement baissé.
Ces catégories choisies, il a joué systématiquement de l'opposition entre deux classes, caressant l'une et fustigeant l'autre. Il a ainsi fustigé les immigrés sans ressources qui viennent piller les maigres réserves de notre système social en promettant à ceux qui cotisent une juste part en retour.
Il a opposé cette France qui travaille et attend un juste retour de son labeur à une France oisive des 35h et des chômeurs qui vivent de l'assistanat.
Il a ciblé la classe moyenne, il a trouvé un écho formidable chez les ouvriers dont le salaire est bien trop souvent peu supérieur aux minima sociaux.
Ayant gagné cette bataille culturelle dans l'opinion, ayant déporté le PS sur sa droite, notamment sur la question de la valeur travail et de l'objet même de la société, il n'avait plus qu'à dérouler son programme.
Je crois que nous devons en tirer toutes les conséquences à gauche. Il y a quelque chose de très sentimental dans notre approche de la démocratie participative, quelque chose de fondamental qui nous rapproche de la démocratie athénienne.
Pour autant, seule cette méthode ne peut rien contre l'agressivité d'une campagne de marketing qui cible une à une les catégories d'électeurs.
Il y a une relation client/fournisseur indéniable dans la politique en ce que chaque niveau d'élection s'accompagne de production de services publics pour les Français.
Face à cette droite dure, nous devons construire une gauche de combat. Une gauche qui se place sur le terrain des idées. Une gauche armée idéologiquement qui propose une lecture de la société, de la mondialisation, de la vie publique locale. Il nous revient en tant que parti politique de produire une offre politique. C'est ce que nous n'avons pas su faire en 2007. C'est ce que nous devons faire pour les élections locales.
La démocratie participative, à laquelle nous tenons, doit servir pour débattre de notre offre politique et pour la mettre en oeuvre, pas pour la construire. Les Français attendent de nous que nous produisions cette analyse de la société, que nous produisions des clés pour la comprendre et des solutions aux problèmes. Il nous revient de répondre à ces usagers du service public qui de plus en plus deviennent clients, de mesurer leurs attentes et de produire une offre derrière.
Nous sommes rentrés dans l'ère du capitalisme démocratique. Nous pouvons le nier. Mais nous continuerons de perdre.
Avant toute chose, il nous faut nous réarmer idéologiquement et définir ce qu'est le socialisme du 21ème siècle, pas le blairisme, la social-démocratie, juste le socialisme.
09:33 Publié dans Saisons | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, socialisme, Sarkozy, bataille culturelle, pouvoir, élections, puijalon


