05 octobre 2007

Anticiper le vieillissement de notre société

1b1032a44766060d1d58d2368b80550e.jpgMonsieur SARKOZY vient de faire un cadeau de 15 Milliards d'Euros aux français les plus fortunés sur 2007. Sur 5 ans, ce sont au moins 75 Milliards d'Euros qui seront ainsi bradés aux plus riches de nos concitoyens, soit près de 7,5% de la dette cumulée de l'Etat.

Ces 75 milliards auraient pu être utilisés autrement. Tel la cigale de La Fontaine, Monsieur SARKOZY mise tout sur le présent et ne prévoit pas.

les 15 milliards de cadeaux fiscaux de 2007 auraient trouvé un meilleur usage dans un grand plan d'Etat pour accueillir les personnes âgées.

Notre société se prépare à vivre dans les 15 ans qui viennent une mutation sociologique importante. Le nombre de sénior dépassera celui des actifs. Cette population vieillissante, il faudra bien la gérer. Pour l'heure rien n'est prévu.

La croissance fulgurante du nombre de personnes âgées nécessitera un développement des emplois de service d'aide à la personne, mais également des emplois médicaux et paramédicaux. Pour l'heure rien n'est prévu. Certaines spécialités médicales sont en manque de praticiens. Le nombre d'infirmières est toujours insuffisant.

Les structures d'accueil pour personnes âgées sont aussi largement insuffisantes, en nombre, en qualité et en répartition sur le territoire.

Notre société doit se préparer à ce choc au lieu de dilapider les fruits de la maigre croissance et d'augmenter la dette de l'Etat pour les générations futures.

Les jeunes actifs qui rentrent sur le marché du travail devront supporter les cotisations sociales pour les personnes âgées, les impôts pour former les futures générations; elles devront également produire pour vivre et générer de la croissance.

 Il est temps de se réveiller et de proposer une vraie politique sociale.

14 septembre 2007

Pour un habitat mixte à Issy

281114473bd631f53f22bb2194d5ad0f.jpgNotre ville a connu ces dernières années une explosion du nombre de logements du fait de nombreuses ZAC.

il faut reconnaître que des progrès ont été accomplis par la municipalité pour créer du logement social. Issy-les-Moulineaux n'est pas Neuilly-sur-Seine. Elle conserve un visage varié, même si la sociologie des habitants a profondément muté depuis ces dernières années.

Pour autant, la manière dont les logements sociaux sont construits et répartis dans la ville pourrait être revue.

Il reste peu de terrains à bâtir et peu de ZAC où construire.

Nous proposons que dans les tranches de constructions futures, la Ville via la Communauté d'agglomération Arc de Seine réserve une part de 20% de logement social dans tout immeuble bâti.

Cette mesure coûtera sûrement cher à la Ville et à la Communauté d'agglomération en premier investissement. Mais sur du long terme, ce mode de gestion de l'habitat social privé et public permet une meilleure mixité au sein de la ville. C'est également une mutualisation des coûts d'entretien, puisque les travaux se répartissent entre les propriétaires et l'OPHLM. A terme, les investissements pour entretien devraient considérablement baisser.

Cette mesure devrait également contribuer à limiter la hausse du foncier sur Issy.

Nous proposons également que tout nouveau logement social soit envisagé avec un recours aux énergies renouvelables ou dans le cadre de bâtiments dits à énergie positive.

Notre but est de favoriser une mixité sociale proche de celle qui existait dans les immeubles hausmanniens. La tolérance entre les modes d'habitat doit permettre de dépasser l'égoisme petit-bourgeois d'un grand nombre de propriétaires.

10 septembre 2007

de l'art de la négociation

2a6320333cbc001a7c977c88bf5b73e4.jpgNicolas SARKOZY s'est fait l'apôtre du nouveau rapport entre les syndicats et le monde politique. Avec une nuance de taille: lui seul est légitime du fait de la faible représentativité des syndicats français.

Le Gouvernement FILLON vient d'annoncer que la réforme des régimes spéciaux de retraite était prête. Il n'y a plus qu'à concerter les syndicats. Le texte peut passer par décret ou sous forme législative.

C'est là une curieuse conception de la démocratie sociale: on annonce que tout est prêt, le texte est publiable en l'état, puis on lance la concertation.

En guise de concertation, il n'y a qu'à dire que l'on est d'accord avec le Président. Si on ne l'est pas, on sera rétrograde au mieux, et au pire égoïste face à ces millions de salariés du privé qui cotisent plus et travaillent plus en étant moins soutenus par des mesures sociales.

Depuis le commencement de son quinquennat la concertation menée par la droite s'apparente plus à de la mise en scène de ses réformes qu'à du dialogue social.

La loi sur le service minimum dans les transports, prélude pour avoir la paix sur les retraites de la SNCF, d'EDF et de la RATP, a fait l'objet d'une concertation sous contrainte : vous avez jusqu'à la mi-juillet pour vous mettre d'accord, entre syndicats et patrons, et après c'est la loi, sous la forme que j'aurai souhaitée. Peu importe le fait que le dialogue social se soit renforcé à la SNCF ou à la RATP par la négociation ces dernières années.

La loi sur l'université de Mme PECRESSE a fait l'objet de la même mise en scène. Texte très dur, qui suscite la grogne des universitaires et des étudiants. hop hop hop, un petit tour dans le bureau de Sarko, par-dessus la ministre, et la loi s'attendrit pour satisfaire tout le monde.

On l'aura compris, la méthode Sarkozy consiste à définir d'emblée le point le plus à droite et le plus libéral possible pour ne rien céder dans la négociation  ou alors des miettes.

Curieuse manière de respecter tous les Français comme annoncé le soir du 6 mai. En plus de l'omniprésence, nous voici face à l'omniscience du guide suprême qui n'a pas besoin de définir avec les Français, le corps social ou le Parlement. C'est un peu comme si on demandait à un pommier poussant en espalier de faire des efforts de créativité pour inventer sa propre forme ...

27 août 2007

De la barbarie en politique

a3cf7cf68e0b1cb213878d47ac703471.jpgOn croyait certaines pratiques révolues en politique. La Ville d'Argenteuil et son maire Georges MOTHRON (UMP) ont atteint un niveau d'inhumanité hors pair.

Les médias se sont fait l'écho d'usage de répulsifs irritants sur les affaires des SDF de la ville pour les faire déguerpir.

Voilà toute la considération qu'une frange de l'UMP porte à des êtres humains : pire que des insectes ou des rats. On sait comment ce genre de comportements commence, mais on sait également où il peut finir.

Ce genre de pratique n'a pas lieu d'être dans une démocratie et dans une république moderne.

Honte aux agents qui pratiquent ce terrorisme institutionnel et honte à ceux qui leur imposent ces pratiques.

23 août 2007

La justice selon Sarkozy, entre affect et populisme

12107bec9f04170c98b88b7fea45d3cb.jpgEpineuse question que celle de la conception de la justice du nouveau Président de la République. Epineuse, parce qu'énoncée avec beaucoup de culot, en jouant sur l'affect, les mauvais ressorts de la vengence et de la haine.

Ces dernières déclarations sur le suivi des pédophiles sont à ce titre gênantes: "J'ai donc demandé au Garde des Sceaux, au ministre de la Santé de rédiger au mois de novembre, un texte qui marquera clairement la différence entre l'exécution de la peine conséquence d'un crime et les questions de sûreté. Un détenu, comme ce M. EVRARD, ne pourra pas sortir de prison uniquement parce qu'il a exécuté sa peine. Des détenus de ce type, à la fin de leur peine, seront examinés par un collège de médecins. Si ce collège reconnaît leur dangerosité, ils ne seront pas remis en liberté, ils iront dans un hôpital fermé où ils seront soignés. Ceux qui n'accepteront pas d'être soignés, resteront dans cet hôpital fermé, le temps qu'on estimera qu'ils sont dangereux. Ceux qui accepteront d'être soignés, pourront avoir des permissions pour sortir de cet hôpital fermé mais ils le feront en portant un bracelet électronique et en suivant un traitement, traitement hormonal appelez-le comme vous le souhaitez ou non, castration chimique. Les mots ne me font pas peur. "

Elles sont en pleine contradiction avec notre système judiciaire et créent une double peine pour les auteurs de crimes sexuels. En effet, soit le pédophile est responsable de ces actes et il est jugé coupable. Dès lors qu'il a fait sa peine, la société ne peut lui imposer l'enfermement, soit il est irresponsable et malade et se retrouve placé dans un établissement psychiatrique.

Monsieur Sarkozy engendre un monstre juridique qui revient à créer dans le droit français la "responsabilité irresponsable". Si la pédophilie est une maladie, c'est dès le début que le mal doit être traité, pas à l'issue de la peine de prison. Ce sont des structures spécialisées qu'il faut créer pour toute l'incarcération (si responsabilité il y a). Dans ce qu'il décrit, l'auteur est irresponable (cf ses discours sur le caractère inné du profil d'un criminel sexuel), la prison n'est pas la solution.

Aller au bout de cette logique-là revient à nier le procès en justice auquel les familles dont un enfant a été victime d'un pédoophile ont droit.

Cette question mérite mieux qu'une déclaration qui mélange tout. Il faut creuser la part du médical et la part du judiciaire.

J'ai pleinement conscience que prendre la position du condamné, du respect des Droits de l'Homme est difficile dans cette question, tant notre plus haute autorité joue du pathos, invoquant la douleur légitime des familles. Pour autant, les fondements de notre système judiciaire, de notre pacte social doivent être respectés. Si la question est médicale, elle doit être traitée médicalement dès le début, pas à la sortie de prison.

 

04 juin 2007

Pour l'égalité en matière de garde d'enfants

La place en crèche est une denrée rare et convoitée. medium_fraise.jpgLa politique de la petite enfance menée  par bon nombre de municipalités manque de transparence et d'originalité. Elle est surtout une source d'inégalités entre les habitants d'une commune.

En premier lieu, il convient de constater que le nombre de places en crèche est très largement insuffisant (à Issy, plus de 1 200 demandes pour environ 300 places prévues en 2007). S'ensuit une véritable foire d'empoigne pour l'attribution des quelques places en crèche ouvertes par les communes, du fait du caractère attractif et peu cher de ce mode de garde. Certaines crèches restent fermées faute de salaires attractifs de la filière petite enfance de la fonction publique territoriale, les salaires d'une nounou privée pouvant a contrario être plus élevés à cause de la concurrence très forte sur ce secteur.

La transparence demeure rarer dans l'attribution des places en crèche.

La politique de priorité aux fratries conduit à forcer les femmes à concevoir leurs enfants avec moins de deux ans d'intervalles pour conserver ce précieux sésame! Quelle est alors l'égalité entre une famille contrainte de payer une nourrice à plus de 1 300€ bruts mensuels et une place en crèche à 500€, surtout lorsque 4 enfants se suivent?

Il y a là une véritable rupture d'égalité d'accès des citoyens au service public, sans justification.

Une vraie révolution devrait s'imposer pour les communes : considérer qu'elles ne sont pas en capacité de produire le nombre de places en crèche suffisantes et donc compenser pour les familles le différentiel de prix entre la garde à domicile et la crèche lorsque l'enfant n'a pu bénéficier de ce mode de garde faute de place.

Cet enjeu peut paraître mineur et pourtant nombre de femmes à quittent leur activité de manière subie, parce que le mode de garde de leur enfant leur coûte plus cher ou autant que leur salaire leur rapporte!

C'est un véritable enjeu de société et de développement économique que de permettre le maintien de l'activité des femmes qui le souhaitent par une compensation du coût de la garde d'enfant.

Les mesures de crédit d'impôt comblent très imparfaitement cette inégalité et ce d'autant que le crédit d'imôt n'intervient qu'à n+1 créant un véritable gouffre en matière de dépenses à l'année n.

Mettre en place une telle mesure compensatoire serait à coup sûr un élément moteur pour l'économie, pour le maintien de l'égalité entre hommes et femmes et serait un facteur de réduction d'inégalité liée à l'opacité de l'attribution des places en mode de garde collectif dont les critères demeurent secrets.